Le premier rapport sexuel, c'est unique.

Mais ne vous mettez pas trop la pression : ce n'est généralement pas le meilleur.

Il marque simplement votre entrée dans la sexualité.

Sommaire :

1. Avec qui ?

2. Quand ?

3. Comment ?

4. Ca ne s'est pas bien passé

- Je risque une infection sexuellement transmissible

- Je risque une grossesse

- J'étais saoûle(e) / drogué(e) / non consentant(e)

- J'ai d'autres difficultés

 

1. Avec qui ?

Avec quelqu'un qui vous attire ! Vous n'êtes pas obligés d'être "amoureux" pour avoir un rapport sexuel, mais essayez au moins d'avoir du "désir" pour cette personne.

 

2. Quand ?

Vous-seul(e) pouvez décider : c'est quand vous en avez envie, quand c'est le bon moment.

Ne soyez pas influencé(e) par vos amis ou votre famille.

 

A savoir :

- Actuellement le premier rapport sexuel s'effectue autour de 17 ans en France. C'est une moyenne, pas un objectif à atteindre !

- La majorité sexuelle est fixée à 15 ans en France.

C'est-à-dire qu'un mineur âgé d'au moins 15 ans peut avoir une relation sexuelle avec un majeur (si ce majeur ne commet pas de détournement de mineur).

 

3. Comment ?

Pour schématiser, un rapport sexuel se compose de préliminaires, de pénétration et d'un temps de récupération.

 

a) Les préliminaires

C'est un moment de tendresse et de caresses, qui font monter l'excitation. La stimulation passe principalement par la vue et le toucher. Les préliminaires sollicitent les zones érogènes du corps, qui sont propres à chacun. Les zones érogènes peuvent être la bouche, la nuque, les mamelons, l'intérieur des cuisse, le clitoris ou le gland...  Mais vous n'êtes pas obligés de tout faire tout de suite !

Lorsque les préliminaires sont bien engagés, mettez le préservatif sur le pénis en érection avant toute pénétration (vaginale, anale, orale). Il est conseillé d'avoir plusieurs préservatifs avec soi. Vous pouvez vous entraîner chez vous, "en conditions", pour améliorer votre dextérité le jour J.

 

Certains hommes craignent d'avoir une éjaculation précoce. Dans ce cas, n'hésitez pas à ralentir les préliminaires (arrêtez de regarder, de toucher, ou d'être touché), le temps de faire redescendre la pression. Il existe aussi des préservatifs ralentisseurs. Enfin, la masturbation peut permettre de diminuer la tension en amont.

 

b) La pénétration

Un pénis en érection mesure 13 à 14 cm, en moyenne. Un vagin excité mesure jusqu'à 12 cm.

Chez la femme, la pénétration vaginale peut être douloureuse (mais pas toujours). En effet, l'hymen, situé à l'entrée du vagin, peut résister face au pénis. Le pénis doit alors exercer une pression douce, en évitant les à-coups, pour percer l'hymen. Mettre du lubrifiant peut améliorer le confort de pénétration. La percée de l'hymen peut entraîner un saignement souvent peu abondant.

 

Chez l'homme, la pénétration n'est pas douloureuse. L'accident sexuel le plus connu est la rupture de frein, heureusement peu fréquent. Le frein (situé sous le gland) se rompt et peut provoquer une douleur ou un saignement abondant. Il suffit d'appuyer dessus pendant 10 minutes en appliquant une compresse plutôt froide. Il faut arrêter tout rapport sexuel le temps de la cicatrisation.

 

L'impuissance peut perturber la pénétration. Dans ce cas, il est conseillé de recommencer les préliminaires. Ou de réessayer un autre jour !

La maladie de Lapeyronie peut provoquer une courbure du pénis empêchant la pénétration. Il faut changer de position, ou consulter un urologue.

 

c) La récupération

Après l'éjaculation, l'érection s'achève et les hommes peuvent avoir besoin d'un temps de récupération.

Les femmes aussi, après l'orgasme.

 

Le priapisme se manifeste par une persistance de l'érection plus de 4 heures, en l'absence de stimulation. Elle nécessite une prise en charge en urgence.

 

4. Ca ne s'est pas bien passé...

Vous risquez une infection sexuellement transmissible... ("IST")

Les IST s'attrapent au cours d'un rapport sexuel non protégé, plus ou moins récent, qu'il y ait pénétration ou pas (les germes sont dans les sécrétions sexuelles).

Pensez à regarder la peau de votre partenaire : si c'est sale, s'ils existent des verrues génitales, un chancre... stop !

Consultez un médecin si vous avez déjà des symptômes (écoulement génital, pertes malodorantes, bouton bizarre au niveau du pubis, douleur lors des mictions ou des rapports sexuels...)

Seul le préservatif protège des infections sexuellement transmissibles. Il en existe plusieurs types (taille, goût, texture) : amusez-vous à les découvrir ! Lors d'un voyage, achetez d'avance vos préservatifs (certifiés CE) voire votre lubrifiant (à base d'eau). Ne superposez pas 2 préservatifs (cela augmente le risque de rupture). Découpez un préservatif masculin dans le sens de la longueur si besoin (cunnilingus). Il existe aussi des préservatifs féminins.

 

Certains pays sont plus à risque : Afrique, Asie, Amérique du Sud, Europe de l'Est (car certaines maladies sont plus fréquentes dans ces pays).

En cas de situation à risque (partenaires multiples ou homosexuel(le)s, toxicomanie intra-veineuse, infidélité), les contrôles doivent être faits régulièrement.

En cas de viol, présentez-vous à l'hôpital rapidement.

 

Il existe 2 types d'IST :

- celles décelables lors d'une prise de sang : syphilis, hépatite B, hépatite C, VIH (SIDA). D'où l'intérêt de faire une prise de sang avant tout rapport non protégé avec un nouveau partenaire.

- celles décelables lors d'un examen génital : chlamydiae, gonocoque, trichomonase, mycoplasme, herpès génital, condylomes (papillomavirus).

 

La bonne nouvelle :

- pour les filles, il existe un vaccin contre certains types de papillomavirus : GARDASIL ou CERVARIX.

- pour tous, il existe un vaccin contre l'hépatite B : ENGERIX ou GENHEVAC B ou HBVAXPRO.

 

La mauvaise nouvelle :

- la prise de sang ne détecte pas les infections très récentes (datant de quelques jours ou semaines). Donc en cas de rapport à risque, il faut refaire la prise de sang quelques semaines après.

 

Vous risquez une grossesse...

En cas de rapport sexuel non ou mal protégé, une contraception d'urgence s'impose et un test de grossesse (urinaire) devra être réalisé dans 3 semaines.

En cas de grossesse non désirée, une IVG pourrait être envisagée si vous respectez le délai légal.

Le couple est responsable de sa contraception. Outre le préservatif, il existe plusieurs moyens de contraception : pilule, stérilet, anneau, patch, implant, stérilisation...

 

Vous étiez saoûl(e) / drogué(e) / non consentant(e)...

Chacun est libre de faire (ou ne pas faire) ce qu'il veut avec qui il veut mais il faut être consentant(e) (voir cette vidéo amusante sur le consentement... pour les amateurs de thé !).

 

Une personne n'est pas consentante si :

- elle n'est pas apte à consentir. Une personne alcoolisée et/ou droguée ne peut pas décider ! Un enfant non plus, une personne mentalement limitée non plus.

- elle ne veut pas (ou plus) avoir de rapport sexuel. Toute personne a le droit de changer d'avis, même en plein ébat !

 

L'exhibitionnisme, l'agression sexuelle, le viol ou la pédophilie sont interdits. Toute victime est encouragée à porter plainte (qu'elle soit homme ou femme, mineure ou majeure).

 

Vous avez d'autres difficultés...

Impuissance, vaginisme... Certains problèmes perturbent la sexualité du couple. Ils sont :

 

- liés à un état psychologique ou relationnel :

Pour profiter pleinement de la sexualité, il faut apprendre à se relaxer et à lâcher prise. Aimer son partenaire peut être un plus. Si vous êtes bloqué(e), profitez simplement des préliminaires (caresses). La sexualité se construit au fil du temps et varie selon les partenaires. Chacun y va à son rythme.

Les problèmes de couple peuvent rejaillir sur la sexualité. Parlez entre vous. Expliquez votre ressenti (peur, stress, angoisse, mal-être, rancune, perte d'amour ou de désir) pour que votre partenaire (vous) comprenne. Les relations sexuelles peuvent devenir un moment de complicité.

 

- liés à la vieillesse, à la maladie :

Les corps se transforment avec l'âge et peuvent être douloureux ou défaillants. Heureusement, des aides médicamenteuses ou techniques peuvent vous être proposées. Ne faites pas une croix sur votre sexualité si vous n'en avez pas envie. 

 

Une question sur la sexualité ? Vous pouvez consulter ce site.

 

Sources : Polycopié National du Collège des Universitaires des Maladies Infectieuses et Tropicales, vidéo anglaise "Tea consent".