L'impuissance touche 30 % des hommes de plus de 40 ans,

surtout en cas d'hypertension artérielle, de diabète, d'obésité ou de cholestérol élevé.

 

1. C'est quoi l'impuissance ?

C'est un problème d'érection évoluant depuis plus de 3 mois :

- soit le pénis en érection n'est pas assez dur

- soit l'érection ne dure pas assez longtemps

Il ne faut pas confondre l'impuissance avec un trouble de l'orgasme, de la libido ou de l'éjaculation.

 

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2. C'est dû à quoi ?

Petit rappel du fonctionnement normal :

- En érection : Le grillage des corps caverneux s'ouvre à l'intérieur du pénis. Le sang inonde ces corps caverneux. Le pénis gonfle.

- Au repos : En l'absence de stimulus sexuel, le grillage est resserré. Le sang n'afflue pas dans les corps caverneux. Le pénis ne gonfle pas.

 

L'origine de l'impuissance est :

- un problème dans la mécanique (le "matériel" en lui-même) : problème de vaisseaux et notamment d'artères, problème de "grillage", problème de nerfs, problème d'hormones...

- un problème dans la commande (le psychisme cérébral) : un homme stressé, fatigué ou déprimé peut éprouver des difficultés à obtenir une érection adéquate, même si le stimulus sexuel est suffisant.

Il n'est pas rare que les 2 soient associés. Un homme présentant au départ une impuissance d'origine mécanique, peut aussi développer un complexe psychique bloquant les érections.

 

3. Quand dois-je faire un bilan ?

- En cas de disparition des érections nocturnes ou matinales. Ces érections sont réflexes. Une perte de ces érections doit faire rechercher un problème organique (mécanique).

- En cas d'apparition progressive de l'impuissance, notamment après 40 ans.

- Si le pénis reste mou pendant l'éjaculation.

- En cas de suspicion d' "andropause" (ou "déficit androgénique lié à l'âge", à partir de 50 ans) : impuissance, baisse de libido, bouffées de chaleur, sueurs, troubles de l’attention ou de la mémoire, dépression, contexte d'obésité. Avez-vous une andopause ? Testez-vous en cliquant ici !

 

4. Quelles sont les causes ?

a) La mécanique

Problème vasculaire :

- artères : athérosclérose ou athérome,  angor, artérite

- veines : incompétence veino-caverneuse, déformation du pénis (maladie de Lapeyronie)

Problème nerveux :

- nerfs : diabète, alcoolisme chronique (plus de 3 verres / jour), chirurgie ou radiothérapie de la prostate

- cerveau et moelle épinière : Accident Vasculaire Cérébral, maladie de Parkinson, sclérose en plaque, tumeur

Problème hormonal :

- Diabète

- Dysthyroïdie

- Hypercorticisme / Insuffusance surrénalienne

- Hyperprolactinémie / Hypogonadisme / Déficit en testostérone

 

b) Les médicaments et toxiques

Médicaments (l'impuissance apparaît alors rapidement après la mise en route de ces médicaments) :

- les anti-hypertenseurs

- les anti-dépresseurs (antidépresseurs sélectifs de la recapture de la sérotonine)

- les anti-psychotiques

- et les anti-androgènes, certains anti-douleurs forts (morphiniques), certains anti-cholestérols...

Toxiques :

- Alcool

- Cannabis

- Héroïne et dérivés

 

c) Le psychisme

Concernant l'homme

Chez le jeune homme, l'anxiété de performance est fréquente (à vouloir trop bien faire, il en perd ses moyens).

D'autres facteurs psychologiques, liées à l'anxiété ou à la dépression, peuvent impacter la sexualité. Pour les repérer, il faut retracer les événements de vie négatifs (chômage, décès, infertilité, divorce) et positifs (naissance, promotion, nouvelle rencontre) dans les 6 mois avant l’apparition des troubles. On peut alors retrouver un facteur déclenchant responsable de l'apparition soudaine de l'impuissance.

 

Concernant la (le, les) partenaire(s) et la relation de couple

Il faut savoir repérer les conflits conjugaux qui peuvent entraver la libido. Il faut s'enquérir des éventuelles difficultés sexuelles du partenaire.

L'absence de partenaire ou la présence de relations extraconjugales doivent aussi être recherchées.

 

Dans tous les cas, les causes psychiques doivent être prises en charge avec un sexologue, en présence ou non du partenaire.

 

5. Quel est le traitement ?

a) L'hygiène de vie

Arrêter le tabac et l'alcool. Ce qui peut paraître simple mais ne l'est pas forcément.

 

b) Les médicaments

Il existe plusieurs dosages de médicaments. On commence par un faible dosage jusqu'à obtenir la dose idéale, c'est-à-dire la dose efficace et bien tolérée.

 

Les inhibiteurs de la phosphodiestérase 5 (comprimé à avaler)

Ils facilitent l'ouverture du "grillage" lors d'une stimulation sexuelle. Il existe 3 médicaments (efficaces dans 65 à 85 % des cas) :

♠ Le sidanéfil - VIAGRA : prendre le comprimé (50 mg) 1 heure avant le rapport (efficace 4 heures) ;

Le vardénafil - LEVITRA : prendre le comprimé (10 mg) 1 heure avant le rapport (efficace 4 heures) ;

Le tadafil - CIALIS : prendre le comprimé (10 mg) 1 à 12 heures avant le rapport (efficace 36 heures).

Avant de prendre ces médicaments, il faut vérifier votre aptitude cardiaque au rapport sexuel.

 

Attention ! Ces médicaments ne sont pas remboursés. Le prix varie selon la pharmacie. Un seul comprimé coûte environ 5 à 12 €.

Il est déconseillé d'acheter ces médicaments sur Internet car ce sont souvent des contrefaçons (au mieux inutiles, au pire dangereuses).

 

Il est contre-indiqué de prendre ces médicaments en association avec des dérivés nitrés, du nicorandil ou du molsidomine en raison du risque d’hypotension pouvant être mortelle chez un patient cardiaque.

 

Les injections intra-caverneuses de prostaglandines E1 : Alprostadil - EDEX ou CAVERJECT

Ils facilitent l'ouverture du "grillage". Il s'agit d'une piqûre à faire sur le côté du pénis (ce geste est appris en consultation spécialisée).

L'érection survient environ 10 minutes après l'administration (efficace 30 à 60 minutes).

Une seule piqûre coûte 10 €. Ces injections sont remboursées à 30 % par l'Assurance Maladie sous certaines conditions (neuropathie diabétique, paralysie, séquelles de chirurgie ou radiothérapie). La mutuelle peut rembourser une partie.

 

Les applications intra-urétrales de prostaglandines E1 : Alprostadil - VITAROS ou MUSE

 Ils facilitent l'ouverture du "grillage". Il s'agit d'un gel à mettre dans l'urètre (le conduit par lequel on urine ou éjacule) grâce à un applicateur en forme de bâton.

L'érection survient environ 10 minutes après l'administration (efficace pendant 30 à 60 minutes).

VITAROS, qui coûte 40 €, est remboursé à 15 % par l'Assurance Maladie sous certaines conditions (neuropathie diabétique, paralysie, séquelles de chirurgie ou radiothérapie). La mutuelle peut rembourser une partie. MUSE n'est pas remboursée.

 

La pompe à vide VACUUM

C'est un gros tube transparent à mettre autour du pénis. Le tube pompe l'air donc le sang arrive dans le pénis (le pénis gonfle).

Un anneau en plastique est mis à la base du pénis, pour éviter que le sang ne reparte (et que le pénis ne dégonfle). L'élastique doit être enlevé après 30 minutes maximum.

 

Ce dispositif réutilisable n'est pas remboursé. Le prix varie selon la pharmacie. Il coûte 200 à 400 €.

Il existe des dispositifs similaires dans les sex-shops, à moindre coût, mais dont la qualité n'est pas garantie.

 

La testostérone en traitement substitutif (à injecter, à avaler, à appliquer en crème ou à coller en patch)

En cas d'andropause (ou "déficit androgénique lié à l'âge").

 

c) La chirurgie

La prothèse pénienne

En cas d'échec des traitements. Il s'agit de 2 implants (tubes) péniens insérés dans chaque corps caverneux. Ce sont des systèmes hydrauliques : les implants sont reliés à une pompe mise dans les bourses.

 

La chirurgie de reconstruction

Il s'agit de reconstruire le pénis en cas de déviation (maladie de Lapeyronie).

 

d) La psychothérapie

L'impuissance peut avoir un impact sur l'estime de soi et sur la relation de couple. Le nombre de séances dépendra de votre motivation et de votre (vos) problème(s). Il est conseillé de consulter un sexologue.

 

Sources : Polycopié d'urologie, site du Professeur Thierry FLAM, La iatrogénie médicamenteuse en médecine sexuelle, Société Française de Cardiologie.