1. Quand dois-je prendre la contraception d'urgence ?

En cas de rapport sexuel non ou mal protégé c'est-à-dire :

- absence de contraception

- rupture ou perte du préservatif

- oubli de pilule de plus de 12 heures (raccourci à 3 heures pour les pilules au Lévonorgestrel seul)

- pilule non absorbée (vomissements dans les 4 heures suivant la prise de pilule ou diarrhées sévères)

- décollement du patch oestroprogestatif pendant plus de 24 heures

- expulsion de l'anneau vaginal pendant plus de 3 heures.

Attention : un simple contact avec l'entrée du vagin de la femme (sans pénétration) et le liquide spermatique d'un homme (liquide pouvant être sécrété avant l'éjaculation) peut être à risque.

 

2. Quelle contraception d'urgence puis-je prendre ?

♥ La "pilule du lendemain"

Elle n'est pas à prendre "le lendemain" mais le plus rapidement possible après le rapport à risque.

Il existe 2 types de pilule :

- Au lévonorgestrel (NORLEVO) : à prendre idéalement dans les 12 heures après le rapport, mais il est possible de la prendre jusqu'à 72 heures (3 jours) après le rapport.

- A l'ulipristal acétate (ELLAONE) : il est possible de la prendre jusqu'à 120 heures (5 jours) après le rapport.

 

Comment ça marche ?

La "pilule du lendemain" retarde l'ovulation. Si vous avez déjà ovulée, elle sera inefficace. Elle est destinée à un usage exceptionnel et ne constitue pas une méthode contraceptive régulière.

La "pilule du lendemain" ne modifie généralement pas la date de survenue des règles, mais celles-ci peuvent être décalées de quelques jours. En cas de retard de règles de plus de 5 jours, qui ne signifie pas forcément que le traitement a échoué, un test de grossesse permettra de savoir si ce retard est dû à une grossesse ou à un dérèglement hormonal.

 

Précautions d'emploi :

- NORLEVO est déconseillé en cas d'antécédent de salpingite, de grossesse extra-utérine et de poids supérieur à 75 kg.

- ELLAONE est déconseillé en cas d'insuffisance hépatique sévère ou d'asthme sévère non contrôlé.

- En cas de vomissements dans les 3 heures qui suivent la prise, procurez-vous une autre boîte de médicament (NORLEVO ou ELLAONE) et renouvelez la prise.

- La prise de certains médicaments (antiépileptiques, griséofulvine...) peut nuire à l'efficacité du médicament.

- Après la prise de la "pilule du lendemain", certaines femmes ressentent des effets indésirables peu intenses et qui disparaissent la plupart du temps dans les 48 heures : nausées, maux de tête, douleurs abdominales, vertiges, pertes légères de sang.

 

♥ Le stérilet ou "dispositif intra-utérin"

Le stérilet au cuivre doit être posé dans les 5 jours par un professionnel de santé (gynécologue, médecin généraliste ou sage-femme posant des stérilets), le plus rapidement possible. Il est efficace 5 ans.

 

Comment ça marche ?

Le stérilet empêche l'ovule fécondé de se nicher dans l'utérus. Le cuivre rend les spermatozoïdes inactifs donc gêne la fécondation. Le stérilet n'empêche pas l'ovulation.

 

Précautions d'emploi :

- La pose est rapide (quelques minutes). Il est possible de prendre des médicaments anti-douleurs 2 heures avant la pose.

- La pose est possible chez les femmes n'ayant jamais eu d'enfant (il existe désormais des stérilets "short" dont la taille est adaptée à l'utérus des jeunes filles).

- Par contre, la pose n'est pas possible en cas de malformations utérines, d'infections génitales en cours ou de saignement inexpliqué de l'utérus.

 

3. Où se procurer la contraception d'urgence ?

♥ La "pilule du lendemain"

A la pharmacie :

- Sans prescription médicale : gratuite et anonyme pour les mineures entre 15 et 17 ans, payante pour les majeures (environ 7 € pour NORLEVO et 18 € pour ELLAONE).

- Sur prescription médicale par l'intermédiaire d'un médecin ou d'une sage-femme (remboursée par l'Assurance Maladie et la mutuelle).

 

Dans un centre de planification et d’éducation familiale :

- Délivrance anonyme et gratuite pour les mineures et pour les majeures sans couverture sociale.

 

A l'infirmerie scolaire ou dans un service universitaire de médecine préventive et de promotion de la santé :

- Délivrance anonyme et gratuite pour les élèves des collèges et lycées (mineures ou majeures) et pour les étudiants.

 

♥ Le stérilet ou "dispositif intra-utérin"

- Uniquement sur prescription médicale.

- Gratuit et anonyme pour les mineures de 15 à 17 ans.

- Remboursé par l'Assurance Maladie et par la mutuelle pour les majeures.

 

4. Suis-je sûre de son efficacité ?

La contraception d'urgence n'est pas efficace à 100 %. Plus elle est utilisée tôt après le rapport, plus elle sera efficace.

Pour vérifier l'absence de grossesse, vous pouvez effectuer un test urinaire de grossesse dans 3 semaines. Les centres de planification et d'éducation familiale peuvent fournir des tests gratuits pour les mineures et les non assurées sociales. Vous pouvez aussi vous faire prescrire une prise de sang par votre médecin généraliste, votre gynécologue ou votre sage-femme.

Si malgré tout vous tombiez enceinte, une IVG serait possible si vous respectez le délai légal.

 

5. Dois-je reprendre ma contraception habituelle ?

- OUI si vous avez pris la pilule du lendemain. Il ne faut pas interrompre votre contraception habituelle. Toutefois, elle ne vous protège plus totalement pour le cycle en cours. Il faut donc utiliser en complément des préservatifs à chaque rapport sexuel pendant : 1 semaine si vous avez utilisé NORLEVO, ou 2 semaines si vous avez utilisé ELLAONE.

- NON si vous avez désormais un stérilet en cuivre. Il vous protège immédiatement et devient votre nouveau moyen de contraception.

Si vous n'avez pas de contraception, il est indispensable d'en commencer une (lire cet article).

 

6. Ce que la contraception d'urgence ne fait pas...

Attention au risque d'IST (infection sexuellement transmissible) en cas de rapport non ou mal protégé !

Faites un test des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) si vous n'avez pas fait de test avec votre partenaire actuel ou si vous avez des partenaires multiples.

Pour cela, consultez votre médecin ou rendez vous dans certains centres spécialisés : les CDAG (Consultations de Dépistage Anonyme et Gratuit), les CIDDIST (Centres d'Information, de Dépistage et de Diagnostic des IST) et les CPEF (Centres de Planification et d'éducation Familiale).

Concernant particulièrement le VIH, si vous pensez avoir pris un gros risque, contactez immédiatement Sida info service ou les urgences d’un hôpital. Dans les 48 heures, un traitement antirétroviral préventif peut vous être proposé. En cas de doute, un test de dépistage du VIH peut être nécessaire. Il s’agit d’une prise de sang que vous pouvez réaliser dans un centre de dépistage anonyme et gratuit (CDAG). Pour connaître le plus proche de chez vous, consultez le site de Sida info service ou appelez le 0 800 840 800.

 

Sources : Haute Autorité de Santé, Institut national de prévention et d'éducation pour la santé.